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La scène contemporaine indienne : le corps en résistance contre une idéologie extrémiste.
Type du projet
Article
Date
Avril 2021
Que ce soit pour remettre en question une esthétique imposée par une société patriarcale, se distinguer de l'Ouest, sensibiliser sur l'homophobie, ou résister contre une idéologie extrémiste en Inde, les artistes contemporains indiens du spectacle vivant sont activistes par le geste. Ils privilégient une gestuelle et un théâtre visuel pour sensibiliser leur public. La chorégraphe Padmini Chettur, après avoir été dans la compagnie de Chandralekha, s'inscrit dans une mouvance féministe et revendique une esthétique indienne en opposition à celle imposée dans les années trente par une société patriarcale lorsque le sadir est "sanskritisé" (Coorlawala, 2004). Dans sa pièce de danse contemporaine, « Queen Size », Mandeep Raikhy invite le public dans un espace scénique intimiste.
Sa pièce combat l'homophobie et se veut une réponse à la montée de l'attaque des minorités en Inde depuis que le BJP est au pouvoir. Avec « Agent Provocateur », Sujay Saple aborde la question du "corps résistant" dans sa pratique quotidienne, dans un contexte où le corps dansant n'est plus "libre", et risque toujours de naître au sein de, ou d'être façonné par une idéologie politico-esthétique d’extrême droite. Mais comment résister contre une idéologie extrémiste quand les arts du spectacle sont liés au patronage de l'état et à l'industrie culturelle (Lachaud, 2012). Et plus encore, lorsque le gouvernement interdit des représentations qui ont pourtant été autorisées par le bureau de censure gouvernemental ? De plus en plus censurés et menacés, mais aussi de plus en plus nombreux, les artistes se dressent contre un endoctrinement et une idéologie extrémiste. Après l'interdiction de la pièce de Abhishek Majumdar en février 2019 à Jaipur, l'artiste Maya Krishna Rao se produit lors d'un événement intitulé "Artists Unite", au cours duquel divers artistes ont signé pour exprimer leur préoccupation contre la haine et l'intolérance. Cet article propose de montrer à travers l’analyse de spectacles et d'entretiens avec les artistes, comment metteurs en scène et chorégraphes "donnent corps" à leur résistance par un spectacle visuel, mettant parfois en scène de façon très imagée la "safranisation" des corps et des esprits.



